La Musique de Disney - Un Héritage en Chansons

La Belle et la Bête 2 est un événement puisque ce long métrage d'animation (72 minutes), totalement inédit, n'a pas du tout été exploité au cinéma et qu'il sort donc directement en vidéo. Il s'agit là d'une nouvelle stratégie mise au point par les héritiers de l'Oncle Walt. En effet, au moment où d'autres grands studios américains viennent de se lancer dans le dessin animé, les patrons de l'empire Disney sont bien décidés à contrecarrer leurs concurrents. Au pays du Roi Lion, on sort les griffes. "Nous avons conscience que la vidéo est devenue un des acteurs majeurs des loisirs culturels, explique-t-on chez Disney. En créant de nouveaux longs métrages, destinés uniquement à la vidéo, nous allons permettre aux amateurs de nos grands classiques de retrouver les personnages qu'ils ont aimés dans le passé, mais dans des aventures inédites".
Alors que les studios de cinéma marchent à fond, Disney a créé, à Toronto et Vancouver (Canada) une nouvelle filiale, Walt Disney Television Animation Canada qui concentre ses activités de production et de distribution sur la vidéo et envisage trois grands dessins animés par an. C''est là-bas que s'est fabriqué La Belle et la Bête 2, réalisé par le canadien Andy Knight. Ce n'est pas un hasard si La Belle et la Bête fait l'objet d'une suite. En effet, en vidéo, ce long métrage d'animation (champion du box-office en 1991) continue à se placer parmi les cinq meilleures ventes mondiales de vidéocassettes de tous les temps. En France, 1 350 000 exemplaires ont été vendus en 1993. La Belle et la Bête figure parmi les quinze meilleures ventes de vidéocassettes de notre pays. Et même si La Belle et la Bête 2 n'a pas les qualités qui faisaient le charme du premier épisode, ce dessin animé risque, malgré tout, de faire la joie des enfants de 5 à 77 ans.
Alain Grasset

La Belle et la Bête 2 : les belles histoires n'ont pas de fin

Le coup d'envoi a été donné le 3 novembre 1998 en France avec La Belle et la Bête 2 : le Noël enchanté. A l'heure où le cinéma à domicile est considéré comme un loisir familial majeur, Walt Disney Home Video innove en lançant les suites de ses grands classiques uniquement en vidéo. Enjeu le plus important : la vente de produits dérivés qui ont toujours largement contribué à la fortune de Disney. Ils représentent 50 % du chiffre d'affaires généré par la firme et permettent à un dessin animé d'être dix fois plus rentable qu'un film traditionnel. Sachant que sur les 20 films les plus vendus en vidéo dans le monde, 13 sont des dessins animés Disney, ce nouveau projet constitue, à n'en pas douter, une manne considérable pour le groupe. Les ventes d'une suite vidéo sont estimées à 50 % de celles des grands classiques, soit 500 000 à un million de pièces par pays. Lancées dès 1995 pour tester ce nouveau marché, Aladdin et ses deux suites - qu'on s'accorde chez Disney à qualifier de "brouillons" - ont cumulé près de 2 millions de ventes en France. "Les enfants adorent les personnages des classiques et se sentent frustrés quand l'histoire se termine, explique Christian d'Amecourt, le PDG de Buena Vista Home Enternainment France, filiale de Disney. Ils souhaitent partager la suite de la légende et retrouver leurs héros préférés". Quatre studios d'animation Disney, aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et au Japon - environ 1 000 personnes au total -, se chargent uniquement de la production de ces vidéos. Avec un énorme avantage : les personnages sont déjà créés, d'où un précieux gain de temps, et d'argent. Là où trois ans sont nécessaires pour réaliser un long métrage d'animation pour le cinéma, il n'en faut pas plus de la moitié pour une vidéo, sans que la qualité en soit pour autant diminuée. L'ambition de Disney est également de faire admettre aux consommateurs européens que ces suites ne sont pas des sous-produits sur le plan des scénarios, des dessins, des décors ou des animations. Flip Kobler, un des scénaristes de La Belle et la Bête 2, insiste sur ce point : "Il s'agit d'un dessin animé en soi, une entité avec une nouvelle histoire, une nouvelle musique, de nouveaux personnages. On a tort de penser que, puisqu'il s'agit d'une vidéo, le résultat sera forcément moins bon qu'au cinéma". Il est effectivement à la hauteur des espérances [à voir...]. La Belle et la Bête 2 : le Noël enchanté nous replonge aisément dans l'univers de Walt Disney avec une animation de haute volée, de nouveaux personnages épatants - notamment le méchant Maestro Forte, un orgue animé par ordinateurs - et des chansons enlevées. Le thème, flash-back dans l'histoire originale : l'amour naissant entre la Belle et la Bête. Il s'est vendu 10 millions de cassettes aux Etats-Unis et 400 000 en dix jours en Angleterre où le produit a été testé en 1997 pendant les fêtes de Noël.
Emmanuelle Touraine