La Musique de Disney - Un Héritage en Chansons

Aladdingue ! Les aventures d'Aladdin déclenchèrent une véritable folie auprès du public américain, le bouche à oreille s'avérant vite flatteur et décisif. Les 200 millions de dollars amassés sur le territoire américain représentèrent cinquante millions de spectateurs qui achèteront 16 millions de cassettes vidéo en trois semaines ! En Europe, même délire. Aladdin (1992) devient la 13ème recette de l'histoire du cinéma et donc le plus grand dessin animé en terme de réussite. Il est vrai qu'instantanément, la presse fut unanime à faire l'éloge d'un Disney plus moderne, plus vif et parfaitement conçu.

Et à l'heure où le cinéma à domicile est considéré comme un loisir familial majeur, Walt Disney Home Video innove en lançant les suites de ses grands classiques uniquement en vidéo. Enjeu le plus important : la vente de produits dérivés qui ont toujours largement contribué à la fortune de Disney. Ils représentent 50 % du chiffre d'affaires généré par la firme et permettent à un dessin animé d'être dix fois plus rentable qu'un film traditionnel. Sachant que sur les 20 films les plus vendus en vidéo dans le monde, 13 sont des dessins animés Disney, ce nouveau projet constitue une manne considérable pour le groupe. Les ventes d'une suite vidéo sont estimées à 50 % de celles des grands classiques, soit 500 000 à un million de pièces par pays. Lancées dès 1995 pour tester ce nouveau marché, Aladdin et ses deux suites - qu'on s'accorde chez Disney à qualifier de "brouillons" - ont cumulé près de 2 millions de ventes en France. Et la vidéo Le Retour de Jafar a été vendue à dix millions d'exemplaires en seulement quelques semaines aux Etats-Unis en 1994. C'est le premier dessin animé Disney destiné seulement à la vidéo.

Quatre studios d'animation Disney, aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et au Japon - environ 1 000 personnes au total -, se chargent uniquement de la production de ces vidéos. Avec un énorme avantage : les personnages sont déjà créés, d'où un précieux gain de temps, et d'argent. Là où trois ans sont nécessaires pour réaliser un long métrage d'animation pour le cinéma, il n'en faut pas plus de la moitié pour une vidéo, sans que la qualité en soit pour autant diminuée. (à voir !)
Emmanuelle Touraine / Christian Renaut