La Musique de Disney - Un Héritage en Chansons

À la fin du XIIème siècle, le roi d'Angleterre, Richard Coeur de Lion partit pour la croisade en Terre Sainte. Pendant son absence, le perfide Prince Jean usurpa la couronne. Le peuple n'avait plus qu'un seul espoir : Robin des Bois qui détroussait les riches pour nourrir les pauvres.

Adam de la Halle : "On raconte des tas de légendes et d'histoires à dormir debout sur Robin des Bois, toutes différentes d'ailleurs. Eh bien, nous autres, au Royaume des Animaux, nous avons notre version. Voilà ce qui est réellement arrivé dans la forêt de Sherwood..." 

Le désir évident de respecter le budget laisse des traces. Peu d'effets spéciaux, un style cartoon peu inventif, et avec le recul du temps, le film révélera, hormis l'excellente fluidité de l'animation, une baisse de qualité. On remarque surtout l'excellent graphisme des personnages et de bonnes chansons de Roger Miller. Tradition connue chez les amis de Robin, une fête devait accompagner chaque coup réussi par le rusé "bon-bandit". Une séquence prévoyait donc de montrer les protagonistes dansant et s'égayant franchement dans le bois de Sherwood, Eric Larson évoque les espoirs qu'il fondait sur cette partie : "Elle sera, je pense, comparable à la danse de Blanche-Neige avec les nains. On en fera un petit interlude pétillant, même si la chanson est vieille comme le monde.Ceci devrait être plein de vie et posséder la qualité de la danse de Blanche-Neige". Il passait sous silence le fait de "recopier" ce film, plagiat qui eut pourtant lieu, car on demanda à Don Bluth de décalquer les scènes de Blanche-Neige (1937) et d'y adapter les dessins des personnages de Robin des Bois (1973). De plus, on reproduisit sans les modifier des scènes des Aristochats (1970) et du Livre de la Jungle (1967), Baloo se métamorphosant bien sûr en Petit Jean et le Roi Louis en Gertrude ! Voilà qui fit gagner du temps donc de l'argent, mais quel manque de créativité et d'originalité !
S'il présente des défauts, ce film a toutefois la qualité de présenter une galerie de personnages en général réussis. Le dessin de Robin tend à la perfection. Seul le public parut satisait du résultat, les artistes ne manquèrent pas de se divertir, tout en comprenant vite qu'on resterait loin du chef-d'oeuvre. Mais en définitive tous les spectateurs donnaient raison à Wolfgang Reitherman, le réalisateur : pourquoi dépenser plus ou vouloir faire mieux si le public n'y voit que du feu ?
Christian Renaut, De Blanche-Neige à Hercule

Trois ans ont été nécessaires, de la préparation du scénario à la première copie de Robin des Bois. Trois cents personnes ont travaillé sur le film, dont 70 dessinateurs parmi lesquels 35 animateurs. 119 520 images défilent sur l'écran durant la projection du film à raison de 1440 par minutes. 325 000 dessins ont été finalement utilisés dans le film. Plus d'un million de croquis et d'esquisses ont été effectués durant toute la réalisation du film. 800 000 crayons et 1 148 000 feuilles de celluloïd ont été utilisés.
Pierre-André Arène