La Musique de Disney - Un Héritage en Chansons

Juste sous la garde de l'épée, on pouvait lire ces mots gravés dans l'acier : "Celui qui pourra arracher cette épée de l'enclume celée dans la pierre sera digne d'être roi, souverain maître de l'Angleterre."

Beaucoup s'y efforcèrent mais en vain. Ils ne purent même pas l'en faire bouger et le miracle ne se produisit point. C'est pourquoi l'Angleterre demeura bien longtemps sans roi. Maintes années s'écoulèrent, tant et si bien que l'épée légendaire sombra dans l'oubli. En cet âge partiellement plongé dans une sorte d'obscurantisme, ni loi ni ordre social ne prévalaient. Les faibles étaient la proie des forts et les hommes vivaient dans la crainte des uns des autres.

Coincé entre deux chefs-d'oeuvre solides comme Les 101 Dalmatiens (1961) et Mary Poppins (1964), les défauts de Merlin l'Enchanteur (1963) paraissent multipliés, et incontestablement les chansons, par exemple, comptent parmi les plus faibles du cru Disney. On voit que les Sherman concentraient leur inspiration sur Mary Poppins.
Madame Mim incarne la méchante "classique" dénuée de tout sens moral qui met sa magie au service de ses cruels desseins, comme elle le démontre dans le duel de sorciers. Trop épisodique cependant, elle disparaît en deux pirouettes. Kahl et Thomas se chargèrent de la repoussante créature, ce dernier, bon musicien, animant la chanson.
Ce film n'attira pas les foules, c'est le moins qu'on puisse dire. Quelques reprises le firent progresser, mais il resta un échec dont les artistes, rarement prolixes sur ce sujet, ne furent pas surpris. La presse américaine se montra finalement assez indulgente. "The Daily Express" : "Ce film montre avec délices que Walt Disney n'a rien perdu de sa finesse de lignes ni de son humour espiègle". "The Hollywood Reporter" : "Il prend place parmi les meilleurs Disney". "The New Republic" : "Chacun des éléments qui le composent, qu'il soit graphique, ou musical, est dérivé des premiers et meilleurs Disney, mais le tout respire l'usinage dénué de toute joie".
Christian Renaut, De Blanche-Neige à Hercule

Merlin l'Enchanteur fait rêver de forêt magique le jeune Moustique qui deviendra roi d'Angleterre sous le nom d'Arthur. Musicalement, ce dessin animé confirme la collaboration des studios Disney avec les frères Sherman : Richard M. et Robert B. Ce duo d'auteurs-compositeurs doués va créer une série de "tubes" pour les films Disney et ce, jusqu'au début des années 1980.
Michel Mandry. Archiviste, The Walt Disney Company (France)

Un film inoubliable à voir et à revoir, qui ensorcelle les adultes comme les enfants. Il a fallu pour cela trois années de réalisation, cinquante kilomètres de pellicule, plus de 300 artistes en tout genre, 1440 images par minute, 350 000 dessins, 1 325 650 crayons... pour 79 minutes d'enchantement total !