La Musique de Disney - Un Héritage en Chansons

Surfant sur une période de succès depuis Cendrillon après les dures années de guerre, Walt Disney était déterminé à produire un autre nouveau long métrage animé basé sur un conte de fée traditionnel. Ainsi, en 1950, avec les adaptations des classiques de la littérature anglaise que sont Alice au Pays des Merveilles et Peter Pan déjà en chantier, son choix s'arrêta-t-il sur l'un des contes de fée les plus aimés du monde : la version élégante et romantique de La Belle au Bois Dormant d'après Charles Perrault.

Note du producteur

Quand la production de La Belle au Bois Dormant commença, Walt Disney pensa instantanément à la musique du ballet "La Belle au Bois Dormant" de Tchaïkovsky pour le film. Il incomba à George Bruns, directeur musical, d'adapter la musique du ballet pour le film, une tâche bien plus ardue que de composer une musique originale. George dû alors étudier de près les arrangements de Tchaïkovsky afin qu'il puisse imiter son style pour les transitions nécessaires du film. En même temps, il devait s'assurer du respect de l'intégrité de l'oeuvre originale. En relevant ce double défi, la musique de George Bruns atteignit de nouveaux sommets dans l'adaptation d'une composition existante pour une musique de film.
Sa musique pour La Belle au Bois Dormant bénéficia également du premier véritable enregistrement stéréo d'une bande-son. C'était en 1957 et pour bénéficier pleinement de cette nouvelle technologie, la totalité de la musique de l'orchestre fut enregistrée en Allemagne, où le meilleur équipement d'enregistrement était disponible. Après avoir écouté la musique, le producteur de Disneyland Records, Tutti Camaratta convaincut Walt que la musique seule était une expérience d'écoute merveilleuse. La bande originale de Blanche-Neige et les Sept Nains (réalisé par RCA en 1938) fut le premier disque de musique de film de l'époque, mais il incluait seulement les chansons. Tutti voulut élargir le concept de la bande originale de film en y incluant le plus de musique instrumentale possible. Le résultat contribua à imposer le standard de ce que nous connaissons maintenant comme des enregistrements de bande sonore.
En restaurant cette bande originale, j'ai eu la chance d'avoir les segments d'enregistrement de l'orchestre original, tout comme les segments d'enregistrement des choeurs. Ces sources de première main permirent une flexibilité qui n'avait pû être permise dans les restaurations ultérieures. Quand vous l'écouterez, vous savourerez une qualité sonore remarquable - limpide, vibrante et sans les effets sonores.


Randy Thornton.
Producteur de la Restauration Digitale.
5 janvier 1996.

Soulignons le formidable travail de composition et d'adaptation de George Bruns à partir de la musique de Tchaïkovsky. Pour relier des parties connues entre elles, il dut écrire des mélodies dans l'esprit du grand maître, prouesse admirablement menée et qui donne une autre dimension à ce film de luxe. Mais le luxe revient cher, 6 000 000 de dollars que Disney regretta bientôt : "J'avais dépassé le point de non-retour et devais le mener jusqu'au bout, c'est sûrement de tous nos films le plus beau et le plus exigeant, mais aussi le plus cher." Wolfgang Reitherman : "Nous avons fait tout notre possible pour que l'éloquence de la musique de Tchaïkovsky soit rejointe par la même perfection visuelle. Nous avons passé énormément de temps sur des détails et la caméra multiplane a été largement utilisée pour créer un effet tridimensionnel."
Christian Renaut, De Blanche-Neige à Hercule


"La Belle au Bois Dormant" (1959) débuta dans l'enthousiasme et s'acheva dans la désillusion. Ce devait être la plus spectaculaire des productions Disney de l'après-guerre. Eyvind Earle réalisa des décors inspirés des tapisseries médiévales et des peintures du début de la Renaissance, et les personnages furent conçus pour s'accorder à ces décors. On s'attacha également à élaborer des scènes qui tireraient le meilleur parti du format 70 millimètres Technirama et des potentialités de la caméra multiplane.
Malheureusement, la production de "La Belle au Bois Dormant" démarra à une époque où Disney était préoccupé par la réalisation de films à acteurs et par la construction de Disneyland. Le film comporte certes de bons moments — la fée Maléfique, animée par Marc Davis, est splendide —, mais le héros et l'héroïne manquent de personnalité et semblent perdus dans des décors trop sophistiqués et trop stylisés. Le sens du récit et le savoir-faire cinématographique de Disney sont rarement présents. Victime d'une production mal gérée, le film attendit six ans pour être achevé et lorsque finalement il sortit en salle, en 1959, il fut accueilli par des critiques négatives.
Christopher Finch, L'Art de Walt Disney de Mickey à Mulan

La Belle au Bois Dormant s'éveille
"La Belle au Bois Dormant" représenta une audacieuse incursion en territoire inconnu et s'avéra un coûteux échec. « J'ai été pris au piège, avouait Disney. J'avais dépassé le point de non-retour et je ne pouvais plus reculer »
La préparation du film eut lieu au milieu des années cinquante, alors que Disney partageait son temps entre Disneyland, trois séries de télévision (Mickey Mouse Club, Zorro et Disneyland) et un abondant programme de films en prises de vues réelles. Les scénaristes et animateurs de "La Belle au Bois Dormant" attendaient parfois des semaines avant que Disney puisse les rencontrer.
Le style de "La Belle au Bois Dormant" vient des célèbres tapisseries à la licorne que John Hench avaient vues au musée The Cloisters de New York. Hench avait montré à Disney des reproductions des tapisseries. "Oui, avait dit Disney, ça pourrait convenir pour "La Belle au Bois Dormant"."
Disney chargea Eyvind Earle de peindre les décors. Des années auparavant, Earie avait postulé un emploi aux anciens studios d'Hyperion Avenue. Refusé à l'époque, il avait passé onze ans à New York où il avait acquis une certaine renommée. Enfin engagé par Disney en 1951, il s'était rapidement imposé comme peintre de décor. Pour "La Belle au Bois Dormant", Earle trouva son inspiration chez des maîtres comme Dürer, Bruegel, Van Eyck ou Botticelli, aussi bien que dans l'art persan ou la gravure japonaise. Les paysages peints par Earle étaient une stylisation de l'art primitif. "Les arbres sont étêtés et tous les éléments doivent s'harmoniser sur le plan horizontal, faisait-il observer à l'époque. Les buissons, les rochers, la ligne d'horizon, tout est à l'horizontal Dans le style primitif, il n'y a pas de perspective."
Ces décors, impressionnants sur le plan visuel, se révélèrent un cauchemar pour les animateurs. « On n'arrivait pas à travailler dans le style gothique, c'était trop austère, raconte Frank Thomas. On ne pouvait pas insuffler la vie aux personnages ou à l'animation. Tout devait être conforme au style imposé. »
L'animation des fées exigea des soins tout particuliers. "J'ai découvert que les vieilles dames bougent en rebondissant, comme des jouets mécaniques, expliquait Thomas. Elles trottinent en se tenant droites. Elles font des gestes saccadés avec leurs bras. Elles gardent les mains loin du corps. L'explication de tout ça, c'est qu'elles ont peur de perdre l'équilibre, peur de tomber."
Disney a mis dans "La Belle au Bois Dormant" plus de temps (trois ans) et d'argent (six millions de dollars) que dans tout autre film. Mais il ne possédait ni l'humour ni le charme dont Disney savait d'ordinaire imprégner ses créations. Malgré ses qualités plastiques et le titanesque combat avec le dragon de la fin, les critiques trouvèrent "La Belle au Bois Dormant" prétentieux et le public le bouda. Le film ne rentra pas dans ses frais lors de la première sortie.

Piste Titre Compositeurs

1. Titre Principal (George Bruns) / J'en ai Rêvé (Sammy Fain-Jack Lawrence / N. Nahon) / Prologue (George Bruns)
2. Douce Aurore (Tom Adair-George Bruns / N. Nahon)
3. Les Dons des Fées (Tom Adair-George Bruns / N. Nahon) / L'Arrivée Inattendue (George Bruns) / Les Dons des Fées (Reprise) (Tom Adair-George Bruns / N. Nahon)
4. Que Tous les Rouets du Royaume Soient Brûlés (George Bruns) / Le Plan des Fées (George Bruns)
5. La Colère de Maléfique (George Bruns)
6. Une Petite Cabane dans les Bois (George Bruns)
7. L'Oiseau Bleu (George Bruns) / Je Voudrais (W.Hibler-T.Sears-G.Bruns/ N. Nahon)
8. Symphonie du Fond des Bois (George Bruns) / J'en ai Rêvé (Sammy Fain-Jack Lawrence / N. Nahon)
9. La Chanson du Sourire (George Bruns) / Bleu ou Rose ? (George Bruns)
10. Le Secret est Révélé (George Bruns)
11. Trinquons à ce Soir (T.Adair-E.Penner-G.Bruns / N. Nahon) / Une Querelle Royale (George Bruns)
12. L'Apparition du Prince Philippe (George Bruns) / Comment le dire à Stéphane ? (George Bruns)
13. Le Retour d'Aurore (George Bruns) / Le Terrible Sortilège de Maléfique (George Bruns)
14. Pauvre Aurore (George Bruns) / La Belle au Bois Dormant (George Bruns)
15. L'Aide des Bonnes Fées (George Bruns)
16. Le Prince Rêve à la Princesse (George Bruns)
17. Les Forces du Mal Combattent (George Bruns)
18. Le Réveil (George Bruns)
19. Final (J'en ai Rêvé) (Sammy Fain-Jack Lawrence / N. Nahon)

Surfant sur le succès de "Cendrillon" après les maigres années de guerre, Walt Disney était déterminé à produire un nouveau film d'animation basé sur un conte traditionnel. Ainsi, en 1950, avec des adaptations des classiques anglais "Alice au pays des merveilles" et "Peter Pan" déjà en cours, il se tourna vers l'un des contes de fées préférés dans le monde : la version romantique et élégante de "La Belle au bois dormant" de Charles Perrault.

Pour démarquer "la Belle au Bois Dormant" de ses prédécesseurs "Blanche-Neige et les Sept Nains" et "Cendrillon", Walt tenta une riche approche de tapisserie médiévale. Lorsque Walt vit les croquis joliment texturés du styliste Eyvind Earle, il savait que c’était l’aspect qu'il voulait. Dans leur étude magistrale de l'art des films de Walt Disney, "Disney Animation: The Illusion of Life", Frank Thomas et Ollie Johnston se rappellent : « Le résultat final a été une superbe tapisserie de couleurs et de formes - froide et pesante, mais surprenante. L’apparat du Moyen Age a été capturé avec une magnificence qui ne sera jamais reproduit à nouveau sous cette forme. ... Nous n’avons pas fait un film comparable avec tant de beauté à la fois dans l'apparence et la couleur et un tel traitement cohérent de bout en bout, qui était exactement ce que Walt voulait pour le film. »

Dès que Walt lança "la Belle au Bois dormant", la question inévitable se posa : Disney devait-il utiliser la musique composée par Piotr Ilitch Tchaïkovski pour son désormais célèbre ballet de 1889 ? Ils pensent brièvement utiliser des compositeurs extérieurs et la création de chansons originales, mais comme Walt l’admit à une réunion concernant le scénario : « Comment se fait-il qu’on ne puisse rien tirer de Tchaïkovski ? Voilà des années qu’on le pille et, quand l’occasion se présente de l’exploiter honnêtement, personne ne trouve plus rien à prendre ! » [Cité par Bob Thomas, L’art du dessin animé, Hachette, 1960, p.91]

Une belle partition ne serait pas suffisante, cependant. Avec le succès des "Trois Petits Cochons" et de la chanson "Qui a peur du grand méchant loup ?", Walt avait appris l’importance de raconter une histoire à travers une chanson. « Quand nous avons commencé "Blanche Neige [et les sept nains]", nota-t-il plus tard, nous avons gardé cela à l'esprit. Bien sûr, nous voulions que les chansons se tiennent en elles-mêmes... et la plupart d'entre elles le font très bien. Mais notre premier souci était de faire en sorte que la chanson nous aide à raconter notre histoire. »

Une des premières chansons écrites pour le film a été la valse dans laquelle Aurore rencontre son "prince charmant" - et tombe vraiment amoureux - alors qu’elle cueille des baies dans la forêt. Le compositeur Sammy qui avait coécrit la plupart des chansons d’"Alice au pays des merveilles" en 1951 et celles de "Peter Pan" en 1953, fit équipe avec Jack Lawrence pour reprendre la "Valse" de "la Belle au bois dormant" de Tchaïkovski et de la transformer en ballade, sous le titre "J’en ai rêvé".

Dans une réunion concernant le scénario de "la Belle au bois dormant" en 1953, tout en discutant de l'entrée des Fées et la récitation des cadeaux qu'elles donnent à la princesse, Walt exprima sa préoccupation que le séquence devenait trop lourde en dialogues : «... Il y a trop de dialogues. Je me demande si nous avons besoin de «Comment allez-vous, Vos Majestés », etc. « C’est une belle journée » et tout ça. L’entrée doit se faire en musique. ... Rien de plus ennuyeux que des dialogues qui ne vont nulle part. ... Si on peut les chanter, c’est sans doute plus intéressant. »

Son équipe accepta, et commença à explorer en utilisant les différents thèmes de fées que Tchaïkovski avait créés. « Peut-être que je suis inculte », protesta Walt, « mais je pense que nous devrions avoir un seul thème pour toutes les fées. Peux-tu en prendre un et l’orchestrer de manière différente ? ... Le thème des bonnes fées à la place d'un thème pour chacune d'elles, parce que cela devient trop compliqué et trop intellectuel. Elles travaillent en équipe tout le temps. »

Walt avait des idées très claires en ce qui concerne la marche originale de Tchaïkovski du prologue, qui devait devenir "Gloire à la princesse Aurore". Il pensa que ça faisait trop marche , « Je crois que je voudrais avoir tout simplement quelque chose de chanter - de joyeux ! Une proclamation de fidélité - Que votre cœur vienne avec des chants joyeux ! Puis les trompettes sonnent et ça vous emporte. »

En 1954, "la Belle au bois dormant" fut mis en sommeil tandis que Walt concentrait son attention sur le développement de Disneyland, le lancement de sa série télévisée du soir, et ses films en prises de vues réelles. Les travaux sur "la Belle au bois dormant" recommencèrent pour de bon en 1956. Thomas et Johnston notent : « Avec une équipe plus réduite et une diminution du nombre de films à produire, il n’était plus possible de garder un musicien à plein temps, donc nous avons partagé avec les unités en prises de vues réelles. ».

Pour "la Belle au bois dormant", Walt choisit le compositeur du studio George Bruns pour réaliser l'adaptation. Ce fut un choix très inspiré, étant donné que Bruns était relativement nouveau dans la composition de musique de films - il avait commencé sa carrière musicale comme arrangeur de big band pour des orchestres tels que ceux de Jack Teagarden et de Harry Owens - il avait étudié le génie civil à l'Oregon State College. Ce bagage mathématique devait s’avérer très utile dans la correspondance entre musique et animation.

« Il aurait été bien plus facile d'écrire une nouvelle partition », dit Bruns à Bob Thomas dans "L'art du dessin animé" [p.91], « Mais Tchaïkovski est riche en thèmes mélodiques et il suffit d’y puiser ceux dont nous avons besoin. » Il commença son travail en se plongeant dans la musique de Tchaïkovski, en écoutant les enregistrements de la musique de ballet complet pendant des heures.

Si ce ne fut pas facile, Bruns fait regarder de cette façon, comme Frank Thomas et Ollie Johnston l’ont plus tard observé : « George Bruns travaillait aussi bien dans les deux domaines, écrivant "Davy Crockett" pour l'émission de télévision en même temps qu'il adaptait la musique du ballet de Tchaïkovski "la Belle au bois dormant" pour notre version animée de ce classique de conte de fées. Il fit des pistes temporaires, les premières compositions de certaines sélections, l’orchestration de chansons, passa aux spectacles en prises de vues réelles, puis retour pour consulter sur le meilleur traitement musical pour la prochaine séquence dans le dessin animé. »

Parfois, cependant, il ne pouvait pas suivre avec les besoins des animateurs, donc ils ont suggéré d’utiliser temporairement sur des séquences des morceaux de musique de films précédents. La musique temporaire soutenait l'action et suggérait une atmosphère appropriée, alors quand Bruns retourna à ces sections, il savait exactement quel était le tempo nécessaire pour la musique finale. Pendant trois ans, Bruns travailla sur la musique de Tchaïkovski, l’étudiant note après note afin de trouver exactement le bon thème ou une mélodie à appliquer à l'animation. Ainsi, tout cela permis un son riche et familier, comme si tout cela était de Tchaïkovski et non de Bruns.

Pour sonoriser la scène des préparatifs de l’anniversaire d’Aurore, George Bruns avait retenu le thème de "La Fée d’Argent" : air enjoué, s’achevant dans un crescendo parfaitement approprié aux circonstances, mais d’une durée de moins de trente secondes, c’est-à-dire infiniment trop court. Reprenant la ligne mélodique du thème, il développa les premières mesures et en tira une musique légère qui accompagne les fées au moment où elles reprennent possession de leurs baguettes magiques, ainsi que le thème particulièrement pétillant du balai animé par magie. Puis, tandis que Pâquerette et Flore discutent de la couleur de la robe d’Aurore, il enchaîna en les développant les dernières mesures où la musique s’accélère et va croissant jusqu’à l’explosion finale, au moment où la robe se marbre de rose et de bleu. [Cité par Bob Thomas, "L’art du dessin animé", Hachette, 1960, p.93]

Bruns trouva dans le coda le motif de la première séquence "Gloire à la Reine". Une partie de la "Valse" fut remaniée pour fournir le refrain bien rythmé de "J’en ai rêvé". Pour la scène sentimentale de la forêt, lorsque le prince entend s’égrener les trilles du chant de la princesse, Bruns retint dans le ballet de Tchaïkovski un passage de flûte et de clarinette. Il remplaça le solo des instruments par la voix de soprano de Mary Costa et rendit plus mélodique et plus léger l’accompagnement musical de ce passage. La marche du prologue devint le magnifique "Gloire à la princesse Aurore". La chanson "La Belle au Bois Dormant" est une variation d'une mélodie du premier acte, et le thème culminant du film est adapté du "Thème de la Fée des Lilas".

Pour la scène dans laquelle Maléfique attire Aurore à la tour et au rouet fatidique, Bruns choisit le thème du "Chat botté". Selon Bob Thomas, « Le thème offrait un rythme parfaitement approprié à l’action. La musique commence en souplesse, puis elle s’amplifie, tandis que la princesse, envoûtée par Maléfique, gravit l’escalier de la tour. Un effet d’écho produit la voix mystérieuse qui appelle Aurore, et ce nom est répété par des hautbois ou, plus exactement, par l’enregistrement des vibrations des cordes vocales d’une personne disant Aurore et jouant du hautbois en même temps. » [Cité par Bob Thomas, "L’art du dessin animé", Hachette, 1960, p.93]

La musique de Tchaïkovski semblait une source inépuisable d'inspiration, mais Bruns ne se trouva qu’une seule fois dans l’embarras. Une chanson à boire était nécessaire au cours de la scène de beuverie des deux rois, et rien dans la partition ne paraissait convenir. Bruns dut composer "Trinquons à ce Soir" à la manière de Tchaïkovski.

Après avoir fini la composition, Bruns supervisa l'enregistrement des chansons et de la musique originale. Puisque "la Belle au bois dormant" avait tellement de musique, certaines des séquences, telles que la lutte avec le dragon, ont dû être enregistrées avec un orchestre complet avant d'être animées parce que la musique et l'action devaient être parfaitement adaptées. Cependant, les chansons ont été enregistrées dans une version simple pour inspirer les animateurs, puis des versions orchestrales complètes ont été enregistrées après que l'animation fut achevée.

Selon les notes du livret de la bande originale du film, les voix ont été enregistrées à Hollywood, et la musique orchestrale a été faite à Berlin. Bruns dirigea dans un tout nouveau studio avec tous les équipements dernier cri - il fut le premier enregistrement stéréo du nouveau studio. Tutti Camarata, directeur musical pour Disneyland Records, supervisait depuis la salle de contrôle.

Les voix.
Comme la princesse Aurore n’a que seize ans, elle devait avoir une voix jeune et claire. Étant princesse, elle devait avoir aussi une certaine dignité. Et bien sûr, elle devait sembler assez mûre pour tomber amoureuse et se marier avec le prince de ses rêves. Disney cherchait une belle soprano, et les scénaristes ont entendu plus de quarante filles. Quinze ont été invitées à passer une audition au studio Disney, et, finalement, ils ont choisi Mary Costa, une chanteuse de la chorale de Walter Schumann, qui avait déjà travaillé au studio Disney. (Pour les enregistrements des dialogues, Costa, originaire de Knoxville, dans le Tennessee, devait se concentrer pour parler sans son accent du sud). Elle a également allégé son style habituel de "diva de l'opéra" pour mieux incarner une fille de 16 ans.

Bill Shirley, homme de premier plan de la scène et de l'écran, fournissait le baryton léger que suggérait le jeune prince, et son expérience dans l'opérette s’avéra parfaite pour interpréter les dialogues du conte de fées.
Walt Disney lui-même écouta les enregistrements tests de Costa et Shirley pour s’assurer que leurs voix se complétaient mutuellement. (Il est intéressant de noter que certaines des versions enregistrées ultérieurement semblent disposer d'une voix traînante mieux adaptée à l’approche lyrique de Mary Costa - et sur ces disques, le nom de Shirley a parfois été supprimé. Des recherches récentes indiquent que pour ces enregistrements, Shirley a pu avoir été remplacé par le chanteur vétéran de Disney, Bill Lee, des Mello Men, qui a doublé, entre autres choses, certains des chiens dans la fourrière de la Belle et le Clochard.)
Selon le scénario, la bonne fée Flora était « le type même de la matriarche, grande et dominante... parlant avec beaucoup d'autorité, c’est la bonne fée la plus pratique, du type 'Doc'. » Cette description fait immédiatement penser à la voix de l’actrice Verna Felton. Elle a apporté une expérience particulière au rôle, avec une certaine familiarité avec la magie, comme elle l'avait déjà fait avec la marraine la bonne fée délicieusement distraite dans "Cendrillon". Ayant commencée sa carrière chez Disney comme éléphante dans "Dumbo", Felton a également incarné la Reine de Cœur dans "Alice au pays des merveilles", Tante Sarah dans "la Belle et le Clochard" et la femme du colonel Hathi dans "Le Livre de la Jungle".

Pimprenelle a également été un choix facile : un rôle exubérant, innocent, chaleureux, le rôle était parfait pour l'actrice de radio Barbara Luddy, qui venait d’incarner Darling dans "la Belle et le Clochard". (La voix chaleureuse et maternelle de Luddy ira à merveille pour incarner Grand Gourou dans les films de "Winnie l'ourson", et la Mère Lapin dans "Robin des bois".)

Alors que les voix de Flora et de Pimprenelle furent trouvées rapidement, celle de Pâquerette fut un peu plus compliquée. Sa description dans l'histoire l’appelait « un peu stupide, arrivant rapidement à des conclusions et partant dans la mauvaise direction... » Les scénaristes l’ont comparé au personnage de "Vera Vague," une fouineuse de l'émission de radio de Bob Hope. Finalement, ils ont directement demandé à l'actrice qui jouait Vera Vague, Barbara Jo Allen, qui s’est avérée parfaite pour le rôle.

Vous ne pouvez pas avoir un bon héros sans avoir aussi un bon méchant, et avec Maléfique le studio Disney a créé l'un de ses méchants les plus puissants et les plus mémorables. L’animation puissante de Marc Davis nécessitait une actrice tout aussi puissante pour interpréter le personnage. Dans leur étude sur les méchants de Disney, Frank Thomas et Ollie Johnston observent que Eleanor Audley fut un choix magnifique, offrant « un style puissant en alternant les moments de rage contrôlée et les accès de fureur soudaine, en choisissant un vocabulaire rusé, entrecoupé d’éclats de rire bouleversants. Avec cette solide combinaison, elle domina facilement toutes les scènes » [Ollie Johnston et Frank Thomas, Les Méchants chez Walt Disney, Dreamland, p.125].

De manière amusante, dans les grandes lignes de l'histoire le roi Hubert était décrit comme « fait comme Bill Thompson, gros et carré... aimable mais colérique ». Bill Thompson, un habitué de Disney qui avait incarné le Lapin Blanc et le Dodo dans "Alice au pays des merveilles", M. Mouche dans "Peter Pan", et Jock, Bull et Dachsie dans "la Belle et le Clochard", convenait parfaitement pour le rôle. Le mince roi Stéphane, d'autre part, devait être « amusant mais digne ... maniaque de la forme», et fut joué par Taylor Holmes.

Les voix des sbires présentaient une difficulté. Selon Walt, les premières versions étaient "trop drôles... nous ne devrions pas les faire jouer juste pour rire. Ils doivent être beaucoup plus menaçants. » Il pensait que ce serait plus efficace d'avoir l’un d'entre eux agissent comme porte-parole et laisser les autres faire des bruits divers. Le rôle de porte-parole des sbires a finalement été attribué à un habitué de Disney Candy Candido, qui avait grogné de la sorte comme chef indien dans "Peter Pan". Ses sons bien connus réapparurent plus tard avec le Crocodile de "Robin des bois" et Fidget dans "Basil, détective privé".

"La Belle au bois dormant" fut le film d'animation le plus ambitieux que Walt Disney avait entrepris depuis "Fantasia". Tout comme il l’avait fait avec ce film, il était déterminé à faire de "la Belle au bois dormant" un régal aussi bien visuel que sonore. "La Belle au bois dormant" sortit le 29 janvier 1959.

Il avait coûté 6 millions de dollars - le dessin animé le plus cher à ce moment-là, beaucoup plus que ceux qui suivront durant la vie de Walt Disney. Il était si cher, qu’il ne pouvait pas atteindre le succès financier lors de sa sortie initiale, mais le public étaient plutôt ébloui. Il était, comme Walt l’espérait, un chef-d'œuvre.

Bosley Crowther du "New York Times" écrivit : « L'ambiance de la scène [le combat contre le dragon], est accentuée par la musique électrisante de George Bruns, adaptée de Tchaïkovski... Cette œuvre entière de musique, qui accompagne la bataille du Prince pour sauver le princesse Aurore, éblouit vraiment. » L'Academy of Motion Picture Arts & Sciences en convint, et nomma la musique pour un Oscar®.

Et, pour toujours, d'innombrables couples ont dansé leur propre valse de mariage sur "J’en ai rêvé" de Piotr Tchaïkovski, George Bruns et Walt Disney.

Paula Sigman-Lowery
Ancienne archiviste de The Walt Disney Company, Paula Sigman Lowery est un historienne Disney internationalement reconnue et écrivaine, et elle a été leader créatif pour le développement du Walt Disney Family Museum de San Francisco, en Californie. Aujourd'hui, elle sert de consultante créative pour le Walt Disney Family Museum, ainsi que pour plusieurs divisions de la Walt Disney Company.

Les chansons non utilisées
Quelques années après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Walt Disney décida que la survie du département animation des studios Disney nécessitait un retour à une histoire unique pour ses longs métrages d'animation.

"La Belle au bois dormant" était en pré-production depuis le début des années 1950. Pour la musique des chansons, Disney s’était d'abord tourné vers Sammy Fain, qui avait écrit la plupart des chansons d’"Alice au pays des merveilles" (1951) et de "Peter Pan" (1953). Fain ferait équipe avec un troisième collaborateur : Jack Lawrence, avec qui il partagera à la fois le crédit pour les paroles et pour la musique des chansons.

A la fin de l'été 1952, une musique de chanson avait été choisie, avec un aperçu de l'histoire. Toutes les chansons à ce moment, à l'exception du titre d’ouverture (par Victor Young et Jack Lawrence) et sa reprise plus tard dans le film, étaient de Sammy Fain et Lawrence. Et toutes les chansons, à l'exception de la mise en place d'une chanson pour le roi Hubert et le roi Stéphane, sont à la même place et servent le même but que la musique des chansons finales du film. Puisque des chansons ont été supprimées en raison de l'évolution des besoins de l'histoire ou des personnages, la question se posa de savoir pourquoi la musique originale de Fain n'avait pas été utilisée.

La réponse est à cause de la direction artistique du film. Chaque long métrage d'animation requiert une approche conceptuelle qui est appropriée à l'histoire et à son cadre, et "La Belle au bois dormant", étant le troisième long métrage d'un prince et d’une princesse, devait aussi se distinguer de ses prédécesseurs. Un artiste inspiré contribuant aux idées dès le début fut Kay Nielsen, dont l'approche dynamique sur les séquences d’une "Nuit sur le mont Chauve" et de l’"Ave Maria" de "Fantasia" eut une telle grande influence sur l'efficacité de leur réalisation. Bien que Nielsen ne reste pas sur "La Belle au bois dormant", ses premiers modèles intègrent un aspect médiéval, quelque chose qui serait une influence dans la direction artistique finale du film.

L'aspect final du film a été fixé par Eyvind Earle, dont l'approche est d'intégrer l'aspect de tapisseries médiévales, ainsi que les influences de l’art persan, chinois et japonais. Earle a produit l’aspect grandiose que Walt Disney voulait pour le film, mais après avoir regardé une présentation de l'une des chansons de Fain / Lawrence qui avait été entièrement storyboardée, Disney comprit que la partition originale de la chanson ne correspondait plus au style visuel du film.
« Nous avons un nouvel homme pour la mélodie ici. C’est Tchaïkovski. » dit Walt Disney dans un commentaire pince-sans-rire au modèle de référence d’Aurore Helene Stanley.

Walt Disney estima que se prévaloir de mélodies de la musique du ballet classique de Tchaïkovski pour "La Belle au bois dormant" serait une autre façon de distinguer ce nouveau film des précédents et serait un complément parfait pour le visuel. Pendant un temps, il a été suggéré que le directeur de la musique du film à l'époque, Walter Schumann, créerait des arrangements pour la musique de Fain / Lawrence qui leur donnerait un "son" Tchaïkovski, mais cela s’est avéré infaisable et la décision a été prise d’adapter la musique de Tchaïkovski à la fois pour les chansons et pour la musique du film. Incidemment, même si Schumann ne resta pas avec le projet, il eut un impact significatif sur le film, car c’est lui qui avait apporté Mary Costa au Studio. Son interprétation de la voix parlée et chantée d’Aurore plaisait à Walt Disney et enchante les fans de Disney depuis des générations.

Ironiquement, une chanson de Fain / Lawrence, "J’en Ai Rêvé", avait adapté une mélodie de Tchaïkovski, et est restée dans le film. Il est également intéressant de noter que la version originale de la chanson utilise non seulement la familière valse de la Belle au bois dormant entendue dans le chœur de la chanson, mais aussi un thème de Tchaïkovski supplémentaire, une section intermède qui n'a pas été utilisée. Le directeur musical final du film, George Bruns, adapta la même mélodie interlude pour la chanson "Je Voudrais" avec des paroles de Winston Hibler et Ted Sears.

En tout, George Bruns a ajouté quatre nouvelles chansons basées sur des mélodies de Tchaïkovski au film, mais il a aussi développé plusieurs chansons qui seront abandonnées dans la version finale. Deux de ces titres sont inclus sur le CD The Legacy Collection, ainsi qu’une sélection des chansons de Sammy Fain-Jack Lawrence.

IT HAPPENS I HAVE A PICTURE
Placée seize ans plus tôt dans l'histoire que la chanson des rois "Trinquons à ce Soir" dans laquelle ils célèbrent les noces prochaines de leur progéniture, ce numéro chaleureux et amusant expose la fierté que les deux rois ont pour leurs jeunes enfants respectifs, la princesse Aurore et le prince Philippe, et leur attrait singulier. Et comme beaucoup de papa poule d'aujourd'hui, ils démontrent leur fierté en affichant des portraits de leur jeunesse. Bien sûr, ce film étant situé au XIVe siècle, les images qu'ils apportent fièrement sont des portraits peints, allant d’un "format de poche" à une énorme toile parfaite pour les chambres d'un palais majestueux. La chanson se termine avec un jeu de mot malin autour de «picture [image]». Tout en se référant évidemment aux portraits peints au début de la chanson, à la fin de la chanson, nous apprenons que chaque roi croit que son enfant est l'image de lui-même.

Bien que Conried et Thompson étaient capables de fournir la voix chantée pour leurs personnages, pour une raison inconnue les paroles des chansons sont seulement parlées ici. Il est tout à fait possible que le but principal de la session d'enregistrement était de tester la façon dont les voix des deux acteurs allaient, non seulement pour leurs caractères individuels, mais aussi ensemble. Comme cette scène était la plus longue avec les deux rois, c’était le choix évident pour tester leur efficacité, et il n’était alors pas besoin d'apprendre le chant d'une chanson aussi. Taylor Holmes a finalement remplacé Conried pour la voix de Stéphane, mais l'acteur talentueux continua à travailler pour le Studio, surtout comme le visage et la voix du Miroir Magique de la série hebdomadaire de télévision Disney.

RIDDLE DIDDLE ONE, TWO, THREE
Les enregistrements démo sont intéressants pour les fans de musique Disney en ce qu'ils offrent la possibilité d'entendre l’interprétation d'une chanson inconnue. Cette démo accomplit cela, mais elle offre également un aperçu à la fois de l’évolution de l’histoire et une interaction derrière les coulisses entre un membre du personnel de Disney et le talent vocal apporté pour le rôle des trois fées.

Liées à l'histoire, nous apprenons que les tâches attribuées à chaque fée dans la préparation de leur célébration du seizième anniversaire d’Aurore ne sont pas les mêmes que dans la version finale du film. Voici Pimprenelle assignée à la cuisson du gâteau, Pâquerette à la création de la robe, et Flora au nettoyage du chalet.

Au début de la session, nous entendons Winston Hibler, qui travaillait à la fois sur l'histoire et les paroles des chansons pour le film et qui a servi en tant que coach de dialogue. Il révèle l'engagement du personnel Disney qui a toujours présenté les meilleurs résultats possibles pour le travail fini. Et en écoutant la manière attentionnée et sympathique de Hibler pour aborder Verna Felton, il est clair que la plupart des voix de passage travaillant sur les films de Disney ont dû trouver leur temps passé au studio plutôt agréable.

Bien que la musique de cette chanson eut de nouvelles paroles et sortit à la fois en partitions et en enregistrements sous le titre "Sing a Smiling Song" il a été finalement décidé que des paroles n’étaient pas nécessaires pour la séquence du film. La musique est bien sûr familière, servant de musique pour la séquence et de renforcement d'un climax excitant quand Flore et Pimprenelle permettent à leurs tempéraments et à leur magie d’être hors de contrôle.

Aussi familière à beaucoup qui ont apprécié les films de nature Disney au fil des ans est la voix de Winston Hibler. En fait, il est devenu une "voix de Disney" en raison de sa narration de la série True-Life Adventures [C’est la Vie]. Ce rôle est survenu à l'improviste. Hibler avait fourni une narration temporaire pour la première True-Life Adventure, jusqu'à ce qu'un narrateur professionnel soit embauché. Mme Disney avait vu une première présentation du film avec la voix de Hibler, et quand elle l’a revu plus tard avec le narrateur professionnel, elle demanda à son mari pourquoi il avait été changé ; elle préférait la version précédente. Hibler a donc commencé de nombreuses années de fonctions narratives, en plus de ses rôles réguliers de scénariste et de producteur.

EVIL-EVIL
Dans une de leurs chansons proposées pour le film, Sammy Fain et Jack Lawrence avaient donné un rôle chantant à Maléfique. Aussi surprenant que cela puisse paraître aujourd'hui, nous voyons ici que l'autre équipe de compositeurs pensait aussi que la plus maléfique des fées pourrait avoir quelque chose à chanter. Bien sûr, le but de son incursion musicale est d'appeler toutes les créatures sombres de la nuit à se joindre à elle dans l'application du mal.

Cette chanson montre aussi le rôle important de l'arrangeur de la musique et ce qu'il peut réaliser grâce à ses orchestrations. La mélodie de cette chanson est la même que celle qui peut être entendue quand les trois fées commencent leurs préparatifs pour le seizième anniversaire d’Aurore. Ainsi, les sons parfaitement sinistres pour le plaisir dans le mal dans cette démo, pourrait également être habilement transformée en une mélodie appropriée pour accompagner les forces de la bonté et de la lumière.

L’union de l’adaptation de Tchaïkovski avec la conception remarquable de la production de Eyvind Earle semble avoir été la bonne décision. "La Belle au bois dormant" ne ressemble ni ne sonne à aucun autre long métrage d'animation de Disney. Un critique au moment de la première sortie du film résume ce mélange parfait des deux arts avec ce commentaire: « "La Belle au bois dormant" réveille les yeux et les oreilles. »

Russell Schroeder
M. Schroeder a travaillé comme artiste pour The Walt Disney Company pendant vingt-neuf ans. En plus des volumes "Lost Chords" de Disney 1 & 2, Russell est l’auteur de plusieurs autres livres dont "Disney : The Ultimate Visuel Guide" et "Mickey Mouse : My Life in Pictures".

Note du Producteur
La bande originale de Blanche Neige et les Sept Nains (publiée par RCA en 1938) a fourni au public le premier véritable enregistrement de la bande sonore d'un film, mais il n’avait inclus que les chansons. Le producteur de Disneyland Record Tutti Camarata voulait élargir le concept de bande originale de film et présenter autant de la partition d'orchestre que possible. Tutti convainquit Walt que la musique seule était une expérience d'écoute merveilleuse en soi. Le résultat fut "La Belle au bois dormant", maintenant à jamais connu comme le premier enregistrement d’une bande sonore véritablement stéréo, fixant la norme de ce que nous savons maintenant que l'album de bande sonore.

Tutti a toujours expérimenté avec le concept de l'album, et se consacra à l'expérience de l'auditeur par la création de paysages sonores avec des artistes tels que Mary Martin et Billy Storm. En plus d'inclure la partition instrumentale, Tutti a également créé un enregistrement de "Blue Bird / I Wonder" spécialement pour l'album. La mélodie, comme elle est utilisée dans le film, est éclatée et chantée de façon sporadique - comme si Aurore pensait à moitié tout haut. Tutti retourna donc au livret original, pris Mary Costa, et enregistra une version de l'album que nous incluons ici en tant que bonus track. Sont également inclus "Once Upon a Dream" avec Bill Lee et "Sleeping Beauty Overture" et "Love Theme from Sleeping Beauty"; les deux dernières chansons que Tutti enregistra dans le cadre l’album de compilation pour "The Parent Trap" ["La Fiancée de Papa"].

En rétablissant la bande originale, j’ai eu la chance d'avoir les enregistrements des sessions d'orchestre d'origine, ainsi que les enregistrements originaux de session des choeurs. Ces sources de première génération ont permis une flexibilité qui n’avait pas pu être atteinte dans les restaurations antérieures. Quand vous l’écouterez, vous profiterez d'une qualité sonore qui est remarquable, claire, propre, et dynamique.