La Musique de Disney - Un Héritage en Chansons

Note du producteur

La restauration de la bande originale de Peter Pan se présenta à moi avec un vaste éventail de défis car j'avais, et de loin, beaucoup moins de matériaux avec lesquels j'avais travaillé sur les autres restaurations. Bien que beaucoup d'éléments des premiers classiques Disney n'existaient plus dans leur intégralité et de façon intacte, sur les restaurations précédentes il y avait toujours assez pour reconstruire la bande originale en assemblant différents éléments - provenant des masters originaux des bandes sonores de Walt Disney Records, il restait des pistes de musique originale, les pistes de musique et d'effets, les pistes de voix et la piste du composite du film. Mais avec Peter Pan, le master de la bande sonore enregistré était rempli de réverbération et seule la seule source pour le film (en dehors du composite) était les pistes de musiques mixées avec des effets sonores. Cela signifiait que les effets étaient impossibles à enlever et que parfois même ils rendaient diificile l'audibilité de la musique. Un gros travail de correction et de montage serait donc la seule manière de sauver musicalement Peter Pan.  

La solution de corriger soit en supprimant soit en obstruant les éléments n'est pas nouveau concernant mes autres projets de restauration ; cependant, la dimension dans laquelle j'allais utiliser cette technique dans Peter Pan était inhabituelle. Monter les éléments aussi petits que les quelques premières millisecondes d'une note de bagarre à la reconstruction de phrases musicales entières finit par être la règle plus que l'exception. J'ai dû prendre de difficiles décisions durant ce projet ; par exemple, si une correction ne fonctionnait pas et que l'effet pertubait l'audibilité de la musique, je n'avais pas inclus l'extrait. Il y eut également des occasions dans lesquelles j'ai dû reconstruire un extrait soit parce qu'il n'y avait pas de conclusion musicale, soit sa conclusion perturbait le flot de musique l'entourant.

Un autre dilemne était que ma source ne contenait pas seulement les effets, mais aussi était mixée avec des dialogues d'accompagnement, signifiant que la musique serait plus basse en volume - ou "duck" - que le dialogue qu'on pourrait entendre. Si vous écoutez les pistes en solo, le volume de la musique baisserait soudainement sans raison apparente. Mais soyez assuré que tous les efforts ont été faits pour maintenir l'essence de l'oeuvre originale du compositeur, et qu'une bonne partie de la musique a pu être reconstruite. Sans la technologie numérique des années 90 et l'incroyable possibilité qu'elle permet, il est probable que la musique de Peter Pan serait restée au Pays Imaginaire.

En bonus, nous avons inclus deux chansons écrites au début de la production. "Never Smile at a Crocodile", probablement la plus célèbre des chansons Disney jamais entendue dans le film, avait été composée par Frank Churchill et Jack Lawrence et écrite au tout début des discussions préparatoires, bien des années avant que le travail ne commence réellement. Bien que les paroles furent finalement enlevées, le thème originel est demeuré comme une pièce importante de la musique originale. Tout comme M. Williams le laisse comprendre dans Les Dents de la Mer quand le requin approche. Le thème de M. Churchill aida à établir la personnalité menaçante du Capitaine Crochet. Et "The Boatswain's Song" sur laquelle nous n'avons aucune information sur comment et à quel moment elle intervenait dans l'histoire, elle est comme une petite chanson étrange qui avait dû être incluse - faux départ et c'est tout.

Voici ici, digitalement restaurée et avec le plus de matières que jamais, l'ombre musicale du classique de Disney Peter Pan.

Randy Thornton
Producteur de la Restauration Digitale
5 novembre 1997

Peter Pan
Disney possédait les droits de Peter Pan (1953) depuis 1939 et ébaucha plusieurs adaptations de la pièce de James M. Barrie. En 1951, il finit par se rallier à une construction qui épousait de très près la structure de la pièce et il entreprit l'animation.
Avec Peter Pan, les animateurs eurent de nouveau recours à la prise de vues réelles comme guide.Frank Thomas pense que <<ça nous a bien aidés, même si on n'était pas forcés de l'utiliser quand on avait une idée meilleure.Dans bien des cas, on s'est débrouillés tout seuls.>>
<<Peter Pan est plein d'idées, les personnages sont très bons et on se sent vraiment impliqués, ajoute Ollie Johnston.Peut-être que (Walt) a moins senti le personnage de Peter Pan, mais comme il était la raison d'être du film, ça n'était pas trop gênant. On s'est certainement investi dans le Capitaine Crochet, un peu moins dans Mr Mouche et beaucoup dans Clochette.>>
La caméra multiplane joue un rôle essentiel dans les meilleures scènes de Peter Pan.La première séquence aérienne au-dessus de Londres et autour de Big Ben a exigé l'emploi de vingt niveaux de cellulos.A cause de ses audaces techniques et d'une période de préparation très longue, Peter Pan finit par coûter quatre millions de dollars.Les inconditionnels de l'oeuvre de Barrie jugèrent le film indigne, à cause en particulier de Clochette qui se donnait des airs de Marilyn Monroe adolescente.Mais le public familial se précipita pour voir le film, qui rétablit la réputation de Disney un instant ternie par Alice au Pays des Merveilles (1951).
Bob Thomas, L'Art de l'Animation

Le film captive grâce aux pièges de Crochet et aux duels, à la beauté de décors somptueux, à une pléiade de personnages remplis de charme et enfin à de superbes chansons.
Les chansons ont été composées par Wallace et orchestrées par Edward Plumb, mais on doit louer les magnifiques arrangements vocaux de Jud Conlon, avec une fois encore le morceau "J'ai des Ailes" retraduit "Tu T'Envoles".Les paroles originales ont parfois été écrites par les scénaristes eux-mêmes tels Ed Penner ("La Vie d'un Pirate") ou Ted Sears et Winston Hibler pour la marche des enfants dans la jungle, "À la File Indienne".
Christian Renaut, De Blanche-Neige à Hercule