La Musique de Disney - Un Héritage en Chansons

DUMBO
Découverte dans une boîte de céréales, l'histoire d'un éléphant avec de grandes oreilles arriva au département scénarios de Disney en 1939. Alors que Walt était occupé avec deux autres films, un duo de scénaristes lui fournissaient l'histoire en petits épisodes dans l'espoir de la faire accepter au patron. Un jour, avec le dernier épisode en main, Walt apparut sur le pas de la porte. "C'est bien. Que se passe-t-il ensuite ?"

Le film permit aux spectateurs meurtris par un monde en guerre de chercher une libération dans l'histoire triomphante d'un opprimé - un petit éléphant ; c'était différent de tout ce qui se faisait à l'époque.

NOTE DU PRODUCTEUR - 1997

En restaurant la bande originale de Dumbo, nous avons utilisé plusieurs sources pour reconstruire l'enregistrement original. Ces sources inculaient des copies de morceaux de l'enregistrement original aussi bien que de la musique variée et des effets sonores. En combinant ces sources, nous avons équilibré, équalizé et enlevé tous bruitages sur chacun d'eux, donnant ce qui peut être considérée comme la version la plus complète et la plus pure au niveau sonore de la bande originale de ce grand classique.

La plupart des musiques originales de films sont composées principalement par un compositeur qui donne au film un style musical cohérent. Mais pour les premiers dessins animés de longs métrages Disney, deux et parfois trois compositeurs créeaient la musique instrumentale pendant qu'une autre équipe écrivaient les chansons. En voyant comment les différents travaux des compositeurs sans aucun lien se mélangent ensemble, c'est un vrai témoignage du talent musical de ces artistes. Dans Dumbo cependant alors que Frank Churchill et Ned Washington écrivaient la plupart des chansons, la musique originale était entièrement composée par Oliver Wallace. M. Wallace a coécrit aussi, avec Ned Washington, deux des chansons de Dumbo les plus célèbres : La Marche des Eléphants et Quand Je Vois Voler un Eléphant.

A la fin de la bande originale en version américaine, nous avons inclus une démo de "Spread Your Wings" (Ouvre tes Ailes). On ne sait pas vraiment où et comment cette chanson figurait dans la production. Puisque le seul enregistrement disponible n'a pas de paroles, nous pouvons seulement supposer que c'était une chanson faite pour aider le petit pachyderme à devenir grand. Ce que nous savons, c'est que c'est M. Wallace lui-même qui interprète ce mystérieux bijou.

Randy Thornton
Producteur de la Restauration Numérique
11 avril 1997

Un jour, dans le parking du Studio, Disney rencontra un de ses brillants jeunes animateurs, Ward Kimball. Walt lui exposa l'intrigue d'un futur long métrage, Dumbo. Ce genre de discussion durait normalement au moins une demi-heure. Cette fois-ci, tout fut dit en trois minutes tant Dumbo était la simplicité même.
Cette histoire d'un éléphanteau, qui fait oublier sa laideur en apprenant à voler, paraissait idéalement adaptée pour un long métrage économique. Disney choisit Ben Sharpsteen comme producteur en l'exhortant à éviter les extravagances de Pinocchio, Bambi et Fantasia.
Sharpsteen le prit au mot. Au lieu des trois mètres quotidiens de film auxquels ils étaient habitués, les animateurs durent en produire six, parfois même plus. Sharpsteen faisait le tour des bureaux pour talonner les animateurs et faire la chasse au gaspillage. Il lui arrivait même le soir de fouiller dans les dessins, pour éliminer les intervalles qui risquaient de ralentir le rythme de la production. Malgré les cadences imposées - ou peut-être à cause de celles-ci -, jamais le travail des animateurs ne fut aussi imaginatif. Dumbo possède une exubérance qui manque aux films précédents. L'action se déroulant dans le milieu du cirque, il déborde de couleurs vives.
Bob Thomas, L'Art de l'Animation, Paris, Disney Hachette Editions, 1993, p92


Même si le rire est présent, l'émotion est également très intense en particulier dans cette scène de la rencontre entre Dumbo et sa mère prisonnière avec qui le seul contact autorisé se traduit par leurs trompes enlacées, sans qu'aucun mot ne soit échangé, au son de Mon Tout Petit. Le montage du chapiteau offre un régal d'angles, de couleurs, d'effets, le tout au rythme adapté de la Chanson des Manoeuvres. Mais la séquence que chacun retient reste bien la Marche des Eléphants mise en scène par Ken O'Connor qui la considère comme l'achèvement de sa carrière : "J'aimais bien ce qu'avait composé Wallace. Cela m'a ouvert un tas d'opportunités". Après bien des réunions, on en arriva à ce que l'on voit à l'écran, cette séquence délirante, brisant les concepts logiques de Disney, brisant même la définition d'écran.
Christian Renaut, De Blanche-Neige à Hercule, Paris, Dreamland, 1997, p59